Produits de base : une protection stratégique contre les risques liés au nouveau régime
L’inflation persistante, la fragmentation géopolitique et les risques climatiques croissants se conjuguent pour former un nouveau paradigme pour les spécialistes de la répartition de l’actif. Une vaste exposition aux éléments constitutifs de l’économie offre à la fois protection et potentiel.
26 janv. 2026Principaux points à retenir
- Les expositions diversifiées aux produits de base ont une faible corrélation avec les actions et réduisent la concentration des portefeuilles.
- Les pénuries de métaux industriels ou les flambées des prix du pétrole sont fréquentes en période de risque géopolitique.
- L’agriculture a tendance à inscrire des rendements supérieurs lors d’événements climatiques (par exemple, le prix des grains de café a doublé en deux ans en raison des sécheresses).
- Les produits de base pourraient connaître une flambée des prix en raison des frictions et des barrières commerciales.
Au cours de la dernière décennie, voire davantage, les produits de base ont occupé une place marginale dans la composition des portefeuilles, en raison d’une offre abondante, d’une efficacité accrue due à la mondialisation et de forces désinflationnistes. Le régime est en train de changer. L’inflation n’est plus temporaire, la fragmentation géopolitique a remplacé la mondialisation et les chaînes d’approvisionnement se sont avérées beaucoup moins élastiques que les marchés ne le pensaient auparavant.
Dans ce contexte, les produits de base retrouvent une place centrale non seulement comme un moyen de se protéger de l’inflation à court terme, mais aussi comme moyen stratégique d’améliorer la résilience des portefeuilles, de diversifier les flux de rendement et d’offrir une exposition aux placements à long terme. Si l’or a naturellement attiré l’attention des investisseurs, cette focalisation risque de faire passer à côté d’occasions plus larges dans les secteurs de l’énergie, des métaux industriels, de l’agriculture et de l’élevage. Pour les spécialistes de la répartition du capital, l’argument en faveur des produits de base est aujourd’hui structurel.
Un nouveau régime macroéconomique
La caractéristique déterminante du cycle moderne des produits de base n’est pas seulement la demande, mais aussi l’incapacité persistante de l’offre à réagir rapidement aux signaux des prix. Les marchés des produits de base évoluent dans des courbes élargies (graphique 1), précisément parce qu’on ne peut pas augmenter rapidement la production, que ce soit dans le secteur minier, les infrastructures énergétiques ou l’agriculture.
Les cycles des produits de base ont tendance à être longs, car les rajustements de l’offre sont lents. Il faut des années pour obtenir les permis et développer les mines. Les infrastructures énergétiques nécessitent des investissements en capital soutenus. La production agricole est de plus en plus influencée par la volatilité climatique.
Ces caractéristiques créent une optionnalité asymétrique au sein des portefeuilles. Les produits de base peuvent sous-performer pendant les périodes de surplus et de désinflation, mais lorsque des chocs se produisent, comme des conflits géopolitiques, des perturbations météorologiques, des barrières commerciales, la hausse peut être rapide et importante.
Graphique 1. De longs cycles sont à prévoir

À notre avis, ce qui distingue ce cycle, c’est que les produits de base se situent maintenant à l’intersection de la croissance économique, de la géopolitique et des perturbations climatiques (ainsi que de la transition énergétique). Des années de sous-investissement, combinées à des contraintes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) et à la discipline imposée par les actionnaires en matière de capital, beaucoup de secteurs liés aux ressources opèrent désormais avec très peu de capacité excédentaire. Parallèlement, la fragmentation géopolitique, les obstacles au commerce et les initiatives de rapatriement de la production ont introduit de nouvelles sources de demande et de volatilité.
Les flambées des prix du pétrole pendant les crises géopolitiques, les pénuries de métaux industriels liées à l’électrification et les flambées des prix agricoles causées par les sécheresses et les tarifs douaniers en sont des exemples récents. Par exemple, les prix du café ont doublé au cours des deux dernières années en raison du climat, une illustration de l’effet que les chocs localisés peuvent avoir sur les marchés mondiaux. Nous nous attendons à ce que la fréquence et la gravité de ces événements augmentent.
Protection contre l’inflation
L’argument le plus convaincant en faveur des produits de base dans le contexte actuel est lié à l’inflation. Les nouveaux régimes inflationnistes ont historiquement exposé la fragilité des diversifications traditionnelles entre actions et obligations. En 2022, les actions et les obligations se sont retrouvées profondément en territoire négatif. À l’opposé, le Bloomberg Commodity Total Return Index (BCOM TR) a terminé l’année en hausse de 16 % (au 31 décembre 2025).
Au cours des cinq dernières années, les expositions générales aux produits de base ont affiché des corrélations faibles à négatives tant avec les actions qu’avec les titres à revenu fixe, contrairement au comportement de plus en plus synchronisé des actions et des obligations (tableau 1).
Tableau 1. Corrélations des produits de base

En période d’inflation, la corrélation augmente, ce qui est précisément le moment où les investisseurs s’attendent à ce que les obligations compensent la volatilité des actions. Les produits de base, au contraire, tirent leurs rendements de l’offre et de la demande physiques plutôt que des conditions financières, ce qui leur permet d’évoluer de manière indépendante lorsque les autres classes d’actifs convergent.
Pour les investisseurs dont les placements sont concentrés, cette indépendance agit comme une véritable protection lorsque, ailleurs, la diversification ne joue plus son rôle.
Les produits de base couvrent l’inflation, car ils se situent en amont dans le processus de formation des prix. Lorsque le coût des biens et des services augmente, ce sont souvent les produits de base intégrés dans ces biens qui augmentent en premier.
Il ne s’agit pas d’un effet marginal. Il s’agit d’un schéma prononcé et répétitif. Depuis 1977, au cours des mois où l’inflation (IPC) aux États-Unis a augmenté de plus de 25 points de base, les produits de base ont généré des rendements mensuels moyens plus de deux fois supérieurs à ceux des actions et des obligations (voir le graphique 2).
Graphique 2. Différentes catégories d’actif pendant les périodes de hausse de l’inflation*

Surtout, les produits de base ne dépendent pas des mesures politiques prises pour lutter contre l’inflation. Contrairement aux TIPS (titres du Trésor protégés contre l’inflation), dont les rendements sont déterminés par les taux réels, ou aux actions, qui dépendent du pouvoir de fixation des prix et des marges, les produits de base réagissent directement au déséquilibre entre l’offre et la demande. Dans un contexte inflationniste alimenté par des chocs dans le secteur de l’énergie, des contraintes d’offre ou des perturbations géopolitiques, cette distinction est importante.
ZCOM : une structure de rendement distincte
Les investisseurs peuvent souvent réduire leurs décisions de répartition des produits de base à des fluctuations prévues du cours au comptant. Cette simplification excessive masque le potentiel des mécanismes complets de rendement de la catégorie d’actifs, lesquels peuvent provenir de trois canaux distincts : les variations du prix au comptant, le rendement sur report et le rendement des garanties.
Les prix au comptant reflètent la dynamique immédiate de l’offre et de la demande. Le rendement sur report découle de la forme de la courbe des contrats à terme standardisés, ce qui profite aux investisseurs lorsque les marchés sont en situation de déport, ce qui est courant en période de pénurie. Le rendement des garanties provient du rendement généré par les liquidités qui soutiennent l’exposition aux contrats à terme standardisés, ce qui devient de plus en plus pertinent dans un contexte de taux plus élevés. Voici comment le nouveau FNB BMO de produits de base généraux (symbole : ZCOM) utilise les trois leviers pour offrir aux investisseurs un profil de rendement complet (voir le diagramme 1).
Diagramme 1. Des rendements soutenus par trois composantes

Considérations relatives aux actions liées aux produits de base
Un argument souvent avancé contre une exposition directe aux produits de base est que l’on peut obtenir un résultat similaire en investissant dans les actions de sociétés de ressources. Si les actions liées aux produits de base complètent effectivement les portefeuilles, elles ne reproduisent pas le comportement des produits de base eux-mêmes.
Les actions liées aux produits de base sont d’abord et avant tout des placements en actions et sont donc fortement assujetties à la confiance du marché, aux décisions de la direction et aux risques liés au bilan. Comme il a été mentionné, les produits de base, quant à eux, sont principalement tributaires des données fondamentales de l’offre et de la demande.
Comme la plupart des gestionnaires de bureaux familiaux ou des conseillers en placement peuvent le comprendre, posséder des actions de sociétés minières aurifères n’est pas la même chose que posséder des lingots d’or. En période de tensions sur les marchés boursiers, les actions des produits de base diminuent souvent en même temps que l’ensemble des marchés, même lorsque le produit de base sous-jacent augmente. L’exposition directe aux produits de base permet d’éviter ce problème, en offrant une diversification plus pure au moment où elle est le plus nécessaire.
L’un des facteurs les plus importants à notre avis est le peu de capital requis pour améliorer les résultats du portefeuille. Le graphique d’écart-type (graphique 3) montre que l’intégration d’une pondération de 5 % en produits de base dans un portefeuille 60/40 traditionnel peut réduire la volatilité sur des horizons d’un, trois et cinq ans, selon les données historiques.
Graphique 3. Petits changements, potentiel à long terme plus solide

Cette amélioration n’est pas attribuable à l’effet de levier ou à la complexité, mais à la diversification. Les produits de base introduisent un flux de rendement qui se comporte différemment d’un régime économique à l’autre, ce qui améliore la capacité de capitalisation des portefeuilles.
Mise en œuvre
Par le passé, l’exposition directe aux produits de base nécessitait la gestion de contrats à terme standardisés, de calendriers de déport et de garanties, autant d’obstacles opérationnels qui ont limité son adoption à plus grande échelle. Ces obstacles ont été efficacement éliminés grâce à l’introduction de structures de FNB, avec des plateformes comme ZCOM, qui offre un accès simple et réglementé à un panier diversifié de produits de base, tout en éliminant une grande partie de cette complexité.
S’appuyant sur l’indice sous-jacent BCOM TR, le ZCOM offre une exposition transparente aux secteurs de l’énergie, des métaux, de l’agriculture et de l’élevage ainsi qu’un rééquilibrage rigoureux et une liquidité adaptée à la plupart des portefeuilles. Pour les bureaux de gestion familiale et les conseillers en placement, cette évolution transforme les produits de base d’un placement de niche en un outil de portefeuille évolutif.
À une époque où la résilience est tout aussi importante que les rendements, les produits de base jouent un rôle véritablement fondamental.
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