Des sirènes à l’horizon
Qu’il s’agisse du poème épique ou du film à succès de l’été, l’Odyssée offre de nombreuses leçons. Pour ceux d’entre nous qui travaillent dans le secteur des placements, la plus importante consiste à comprendre l’évolution des risques et leurs conséquences possibles sur nos scénarios de référence, afin de ne pas nous égarer comme notre héros Ulysse. À vrai dire, il y a beaucoup de similitudes entre le début du voyage d’Ulysse et notre position actuelle dans le cycle du marché.
À l’heure actuelle, nous restons bien ancrés dans la phase de « reflation » du cycle macroéconomique. Dans cette phase, la plupart des indicateurs avancés laissent entrevoir une croissance économique toujours solide, tandis que les tensions sur les prix persistent. Les données récentes appuient ce point de vue. Les indices composites des directeurs d’achats des plus grandes économies du monde restent au-dessus des seuils qui indiquent une expansion économique, à l’exception notable de la Chine. L’estimation récente de l’indice des directeurs d’achats de septembre aux États-Unis indique que les entreprises n’ont pas été aussi optimistes à l’égard de la croissance future des ventes depuis des années. Cela concorde également avec les solides données américaines récentes, notamment les rapports sur l’emploi non agricole et les ventes au détail, qui donnent à penser que l’économie croît à un rythme supérieur à son taux de croissance potentiel estimé.
Graphique 1 – Facteurs structurels influant sur les taux de rendement à long terme aux États-Unis

C’est le contexte dans lequel nous exerçons nos activités depuis plusieurs trimestres, et il devrait continuer de soutenir un appétit général pour le risque. Toutefois, nous devons également tenir compte des risques croissants qui rendent ce contexte plus précaire que celui des trimestres précédents.
Par exemple, le conflit au Moyen-Orient continue de compliquer les choses. Voilà maintenant plus de sept mois que le trafic dans le détroit d’Ormuz est inférieur à la normale. Les pénuries mondiales ont entraîné une hausse marquée des prix de l’énergie et des produits raffinés. Cette hausse se répercute directement sur les prix à la production et à la consommation, si bien que les banques centrales ne peuvent plus faire abstraction des effets de second tour. En effet, trois des quatre grandes banques centrales ont relevé leurs taux directeurs au cours du dernier mois : la Réserve fédérale américaine (la Fed), la Banque centrale européenne et la Banque du Japon. La Banque d’Angleterre. Il y a également de très bonnes chances que la Banque du Canada finisse par relever son taux directeur lors de l’une de ses deux réunions restantes cette année. Ce sont les principales raisons pour lesquelles les taux de rendement à court terme ont augmenté sur plusieurs marchés.
Les fluctuations à l’extrémité longue de la courbe, qui sont alimentées par une multitude de facteurs, sont tout aussi importantes. D’abord, la concurrence entre les émetteurs s’intensifie, car les sociétés américaines, principalement les grands fournisseurs de services infonuagiques, cherchent à allonger l’échéance de leurs emprunts. Cela produit un effet d’éviction des obligations souveraines à long terme. Ensuite, l’essor de l’intelligence artificielle (IA) renforce les perspectives de croissance économique robuste aux États-Unis. Les marchés revoient donc à la hausse leurs estimations du taux d’intérêt neutre à long terme, ce qui fait monter les taux de rendement à l’extrémité longue de la courbe. Enfin, le risque lié à la crédibilité augmente, car peu de pays envisagent sérieusement une discipline budgétaire à ce stade-ci. Tous ces facteurs pèsent sur les acheteurs de titres à long terme, qui sont maintenant beaucoup plus sensibles aux prix que par le passé.
N’oubliez pas que, compte tenu de sa composition, l’indice S&P 500 est en fait un actif à longue durée. Les secteurs principalement composés de sociétés dont la valorisation dépend fortement de flux de trésorerie attendus dans un avenir lointain (technologie, services de communication, consommation discrétionnaire, etc.) représentent environ 60 % de l’indice. Cela les rend vulnérables à des taux de rendement à long terme plus élevés.
Graphique 2 – Corrélation négative entre la majorité des secteurs de l’indice S&P 500 et les fluctuations du taux de rendement des obligations américaines à 10 ans

Un autre risque pour les marchés s’est installé : la réaction défavorable du public à l’IA. Cette réaction s’est à tout le moins accentuée après les nouvelles récentes selon lesquelles certains modèles de pointe avaient adopté des comportements incontrôlés, ce qui a poussé le secteur à réclamer davantage d’autoréglementation ou de maîtrise du rythme de développement. Cela renforce l’impopularité de l’IA auprès des électeurs, une réalité que les politiciens ont de plus en plus de mal à ignorer. À notre avis, une maîtrise accrue du rythme de développement ou un renforcement de la réglementation aura des conséquences, compte tenu des importants investissements en capital réalisés dans ce secteur. Tout signe de fléchissement de la demande ou de capacité excédentaire des centres de données laisse présager un ralentissement des dépenses en immobilisations, ce qui représente un risque sérieux tant pour la croissance économique que pour l’appétit pour le risque.
Dans le contexte actuel, qui s’apparente à une phase de reflation, la persistance de prix de l’énergie et de taux de rendement obligataires élevés, combinée au risque accru de réglementation de l’IA, nous inquiète un peu plus que par le passé. Les gains faciles ne sont plus au rendez-vous. Après avoir profité du contexte de reflation, nous devons maintenant composer avec ses difficultés.
Tableau 1 – Portefeuille modèle de régime macroéconomique pour le troisième trimestre de 2026
| Symbole | Nom du FNB | Répartition sectorielle | Frais de gestion | Pondération (%) | Apport à la volatilité | |
| Titres à revenu fixe | ||||||
| ZDB | FINB BMO obligations à escompte | Titres à revenu fixe | De base | 0,09 % | 8,00 % | 3,12 % |
| ZUAG.F | FINB BMO obligations américaines totales – couvert | Titres à revenu fixe | De base | 0,08 % | 6,00 % | 2,84 % |
| ZBI | FINB BMO revenu de banques canadiennes | Titres à revenu fixe | Tactique | 0,25 % | 4,00 % | 0,87 % |
| ZAAA.F | FNB BMO TAP AAA | Titres à revenu fixe | Tactique | 0,20 % | 4,00 % | 0,64 % |
| Total des titres à revenu fixe | 22,00 % | 7,47 % | ||||
| Actions | ||||||
| ZUQ | FINB BMO MSCI américaines de haute qualité | Actions | De base | 0,30 % | 20,00 % | 21,34 % |
| ZCN | FINB BMO S&P/TSX composé plafonné | Actions | De base | 0,05 % | 20,00 % | 20,19 % |
| ZEA | FINB BMO MSCI EAFE | Actions | De base | 0,20 % | 10,00 % | 12,48 % |
| ZEM | FINB BMO MSCI marchés émergents | Actions | Tactique | 0,25 % | 3,00 % | 7,71 % |
| ZOCT | FNB BMO d’actions américaines avec tranche protégée – octobre | Actions | Tactique | 0,65 % | 8,00 % | 2,56 % |
| ZPAY | FNB BMO à rendement bonifié | Actions | Tactique | 0,65 % | 2,00 % | 1,51 % |
| Total des actions | 63,00 % | 65,79 % | ||||
| Titres alternatifs ou hybrides | ||||||
| ZGLD | FNB BMO lingots d’or | Titres hybrides/alternatifs | Tactique | 0,20 % | 5,00 % | 10,74 % |
| ZGIF | BMO Fonds d’infrastructures mondiales – série FNB | Titres hybrides/alternatifs | Tactique | 1,05 % | 4,00 % | 3,27 % |
| ZCOM | FNB BMO de produits de base généraux | Titres hybrides/alternatifs | Tactique | 0,26 % | 6,00 % | 12,74 % |
| Total des placements alternatifs | 15,00 % | 26,74 % | ||||
| Total des liquidités | 0,00 % | 0,00 % | ||||
| Portefeuille | 0,25 % | 100,00 % | 100,00 % |
Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, au 30 juin 2026. Portefeuille modèle uniquement à des fins d’illustration. L’information qui s’y trouve ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Ces renseignements ne constituent pas une recommandation d’achat ou de vente d’un titre particulier. Les placements particuliers ou les stratégies de négociation doivent être évalués en fonction des objectifs de placement de l’investisseur. Il est préférable, en toutes circonstances, d’obtenir l’avis de professionnels.
Pour notre volet des titres à revenu fixe, le maintien de la sous-pondération est une décision relativement simple. Il est certes tentant de voir les taux de rendement plus élevés comme une occasion, mais les facteurs qui les poussent à la hausse sont trop puissants pour que nous puissions miser contre cette tendance à l’heure actuelle. Il nous faudra au moins des signes d’essoufflement de l’élan des marchés boursiers et de l’économie avant de nous intéresser au marché obligataire américain. Nous maintenons la surpondération de notre volet des placements alternatifs, compte tenu de nos inquiétudes face à la situation actuelle de l’inflation.
De plus, nous sommes de plus en plus prudents dans nos perspectives boursières. Bien que nous maintenions une surpondération dans notre volet des actions, nous réduisons le risque de baisse inhérent à cette position grâce à une plus grande pondération des stratégies à faible volatilité. Cela nous permet de participer aux hausses tout en tenant davantage compte des risques de baisse croissants. Par conséquent, la contribution des actions au risque est nettement inférieure à celle des trimestres précédents.
Pour conclure, le parcours est loin d’être terminé. Comme Ulysse, nous demeurons déterminés à atteindre notre destination. Toutefois, les eaux devenant plus dangereuses, nous croyons que la prochaine étape du voyage appelle à redoubler de prudence, sans pour autant faire marche arrière.
Tableau 2 – Changements apportés au portefeuille de régime macroéconomique (du troisième au quatrième trimestre de 2026)
Vente ou réduction | Symbole | Ancienne pondération | (%) | Nouvelle pondération |
8.00% | -2.00% | 6.00% | ||
| FINB BMO revenu de banques canadiennes | ZBI | 6.00% | -2.00% | 4.00% |
| FINB BMO MSCI américaines de haute qualité | ZUQ | 8.00% | -3.00% | 20.00% |
| FINB BMO MSCI marchés émergents | ZEM | 6.00% | -3.00% | 3.00% |
| FNB BMO d’actions américaines à faible volatilité | ZLU | 4.00% | -4.00% | 0.00% |
| FNB BMO vente d’options d’achat couvertes de banques canadiennes | ZWB | 5.00% | -5.00% | 0.00% |
| FNB BMO écart sur options d’achat couvertes de lingots d’or | ZWGD | 2.00% | -2.00% | 0.00% |
| BMO Fonds d’infrastructures mondiales – série FNB | ZGIF | 5.00% | -1.00% | 4.00% |
Achat ou ajout | ||||
| FNB BMO TAP AAA (parts couvertes) | ZAAA/F | 0.00% | 4.00% | 4.00% |
| FINB BMO MSCI EAFE | ZEA | 7.00% | 3.00% | 10.00% |
| FNB BMO d’actions américaines avec tranche protégée couvert en dollars canadiens – octobre | ZOCT | 0.00% | 8.00% | 8.00% |
| FNB BMO à rendement bonifié | ZPAY | 0.00% | 2.00% | 2.00% |
| FNB BMO lingots d’or | ZGLD | 0.00% | 5.00% | 5.00% |
Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, au
Tableau 3 – Composition de la répartition de l’actif par rapport à l’indice de référence
Pondération actuelle | Indice de référence | ||
Titres à revenu fixe | 22% | 30% | Sous-pondération |
Actions | 63% | 60% | Légère surpondération |
Placements alternatifs/hybrides | 15% | 10% | Surpondération |
Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, au 30 septembre, 2026.
Répartition de l’actif
- Les résultats de notre modèle de régime macroéconomique donnent toujours à penser que nous sommes dans la phase de reflation du cycle, qui favorise généralement les secteurs cycliques et les produits de base. Cependant, nous entrons maintenant dans une autre phase du cycle monétaire, orientée vers le resserrement. Nous devons donc faire preuve de plus de prudence dans la répartition de l’actif et la sélection des titres.
- Nous maintenons une sous-pondération de la durée et des placements de revenu, à 22 % pour ce trimestre. Cela reflète nos préoccupations à l’égard de la tendance actuelle de l’inflation ainsi que des facteurs d’offre et de demande à l’œuvre à l’extrémité longue de la courbe. Pour le moment, nous privilégions l’exposition à la durée en dollars canadiens plutôt qu’en dollars américains. Nous pourrions toutefois accroître notre exposition à la durée en dollars américains si les prochaines données révèlent des signes de ralentissement de la croissance.
- Par rapport au deuxième trimestre, nous avons atténué une partie du risque dans notre volet de croissance de deux façons. D’abord, nous avons réduit la pondération en actions de 65 % au troisième trimestre à 63 % au quatrième trimestre. Ensuite, nous accordons une plus grande pondération aux produits intrinsèquement moins volatils afin de réduire la contribution au risque du volet des actions. Bien entendu, nous continuons de surpondérer les actions, car nous estimons que le contexte est favorable, mais ces changements tiennent compte d’une marge d’erreur désormais plus mince.
- Dans le volet des placements alternatifs, nous avons légèrement augmenté notre pondération pour la porter à 15 %, et nous continuerons de surpondérer ces placements. Encore une fois, cela reflète nos préoccupations à l’égard de la persistance de l’inflation et de la nécessité de couvertures adéquates dans le portefeuille.
- Pour ce qui est de la gestion des devises, nous choisissons de ne pas couvrir le risque de change de notre exposition aux actions et aux placements alternatifs américains, tout en maintenant une couverture pour notre exposition aux titres à revenu fixe américains. Cela reflète notre point de vue selon lequel le risque lié au dollar américain atténue plus efficacement la volatilité globale des volets des actions et des placements alternatifs.
- Le taux de change dollar américain/dollar canadien a augmenté de plus de 2 % en septembre. Cela est probablement attribuable à la vigueur générale du dollar américain par rapport à la plupart des devises des pays développés. Cette vigueur découle elle-même en partie d’une réévaluation des attentes de resserrement de la Fed. Néanmoins, le taux de change dollar américain/dollar canadien devrait se consolider quelque peu, tout en restant au-dessus de 1,40.
Graphique 3 – Résultats du modèle de régime macroéconomique pour le troisième trimestre de 2026

Titres à revenu fixe
- Nous réduisons notre position de base sur la durée aux États-Unis (ZUAG/F – FINB BMO obligations américaines totales couvert) et notre position tactique sur les titres de créance des banques canadiennes (ZBI – FINB BMO revenu de banques canadiennes). Les fonds ainsi dégagés serviront à financer une position dans des titres américains notés AAA et adossés à des prêts (par l’intermédiaire du ZAAA/F – FNB BMO TAP AAA couvert).
- Nous avons exposé les raisons de notre position sur la durée américaine dans l’article principal. En ce qui concerne les titres de créance des banques canadiennes, nous avons estimé qu’il était prudent de réduire notre pondération compte tenu du positionnement actuel. Dans le cas du ZAAA, l’exposition aux taux variables nous paraît intéressante dans ce contexte. Nous estimons que, dans l’ensemble, les bilans du secteur privé sont en assez bonne santé pour le moment.
Actions
- Nous avons modifié les pondérations de nos positions de base dans le ZUQ (FINB BMO MSCI américaines de haute qualité) et le ZEA (FINB BMO MSCI EAFE). En effet, nous avons réduit la pondération du premier et étoffé celle du second afin de réduire la contribution du volet des actions à la volatilité, tout en nous diversifiant sur le plan géographique.
- Dans les positions tactiques, nous réduisons de moitié notre pondération du ZEM (FINB BMO MSCI marchés émergents) et supprimons nos positions dans le ZLU (FNB BMO d’actions américaines à faible volatilité) et le ZWB (FNB BMO vente d’options d’achat couvertes de banques canadiennes).
- Conformément à notre objectif de réduire la contribution globale au risque de nos placements en actions, nous établissons deux nouvelles positions tactiques : ZOCT (FNB BMO d’actions américaines avec tranche protégée – octobre) et ZPAY (FNB BMO à rendement bonifié). Ces deux expositions tiennent compte de la montée des risques et concordent avec notre opinion selon laquelle les marchés boursiers devraient se consolider.
Placements alternatifs/hybrides non traditionnels
Encore une fois, la persistance de l’inflation nous inquiète en ce moment, et c’est pourquoi nous choisissons de maintenir la surpondération du volet des placements alternatifs.
Nous augmentons notre pondération de l’or, mais remplaçons le ZWGD (FNB BMO écart sur options d’achat couvertes de lingots d’or) par le ZGLD (FNB BMO lingots d’or). Nous conservons le ZWGD dans nos autres portefeuilles.
Graphique 4 – Exposition régionale du modèle de régime macroéconomique au quatrième trimestre de 2026

Graphique 5 – Répartition sectorielle des actions mondiales du modèle de régime macroéconomique

Tableau 4 – Caractéristiques des titres à revenu fixe du modèle de régime macroéconomique
Quatrième trimestre de 2026 |
Troisième trimestre de 2026 |
|
Échéance moyenne pondérée |
7,98 |
6,87 |
Durée moyenne pondérée |
4,41 |
5,20 |
Coupon moyen pondéré (%) |
3,27 |
3,03 |
Taux de distribution annualisé (%) |
3,18 |
2,86 |
Rendement à l’échéance moyen pondéré (%) |
4,71 |
3,96 |
Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, au 30 septembre 2026.
Rendement du portefeuille du modèle de régime macroéconomique

Rapport sur la stratégie de titres à revenu fixe (T4 2026) >
Rapport sur la stratégie équilibrée fiscalement avantageuse de BMO Portefeuilles dirigés FNB (T4 2026) >
Rapport sur le portefeuille modèle macroéconomique de CCAÉ des FNB BMO (T4 2026) >
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